En 16 confrontations, "Rafa", qui a fêté ses 22 ans le mardi 3 juin, s'est imposé dix fois face à Federer, dont huit sur leurs neuf matches disputés sur terre battue. Cette quinzaine, il n'a pas concédé le moindre set. "Mon match, aujourd'hui, était presque parfait dans les deux premières manches", a-t-il constaté sans forfanterie, vendredi 6 juin, après sa victoire en demi-finale sur le Serbe Novak Djokovic (6-4, 6-2, 7-6), pourtant numéro 3 mondial. Rafael Nadal jure que "rien n'a changé" depuis son premier triomphe parisien, en 2005. "J'ai seulement trois ans de plus, et je ne suis plus un espoir, j'ai tenu mes promesses", dit-il.
Nadal va monter a Borg !
L'Espagnol, qui rejoindrait Bjorn Borg dans l'histoire du tennis en réussissant les quatre à la suite, a survolé le tournoi de la même façon que le Suédois à ses plus belles années (1978-1981).
Comme en 2007, Nadal n'a pas perdu le moindre set pour atteindre la finale, mais il a été encore plus expéditif cette année en ne cédant que 37 jeux en six matches, soit à peine plus de deux par manche en moyenne. Et dire qu'on lui prédisait un parcours compliqué après un tirage au sort qui semblait très défavorable !
Certes, quelques uns de ses adversaires potentiellement les plus dangereux ont disparu avant de croiser sa route (Nalbandian, Youzhny). Il n'empêche. Ses victoires écrasantes contre Nicolas Almagro (6-1, 6-1, 6-1) dans le quart de finale le plus unilatéral de l'histoire et surtout contre Novak Djokovic dans une demi-finale choc rapidement amortie (6-4, 6-2, 7-6) ont fortement marqué les esprits.
Si l'on ajoute que Nadal mène huit à un dans ses confrontations sur terre battue avec Federer, qu'il l'a encore battu deux fois cette année à Monte Carlo et à Hambourg, qu'il a remporté 114 de ses 116 derniers matches sur terre battue et qu'il n'a jamais perdu une rencontre au meilleur des cinq sets sur cette surface, il ne semble pas y avoir beaucoup de place pour le suspense.
Alors à quoi Federer peut-il s'accrocher pour continuer à avoir la foi, lui qui se retrouve pour la troisième année d'affilée avec "l'histoire en face de lui", comme il l'a souligné à la veille du match ?




